La programmation du festival Astropolis sonne comme un tonnerre de Brest

La programmation du festival Astropolis sonne comme un tonnerre de Brest
28 avril 2017 ben

La programmation du festival Astropolis
sonne comme un tonnerre de Brest

Si l’histoire d’amour entre les Bretons et la techno aurait pu s’arrêter à la fin des années 80 avec le durcissement politique à l’égard des fêtes clandestines, à l’ouest l’onde n’a fait que s’amplifier.

Au fil du temps, le festival Astropolis a su déssiner les contours d’une identité marquée par la culture rave et réaffirme ainsi son pouvoir à mobiliser le public tant sur un plan émotionnel qu’intellectuel.

Du 30 juin au 02 juillet, pour une poignée d’heures, le festival transforme la région de Brest en terrain de jeu géant, fête originelle, qui dévoile un line-up magistral, où cohabitent en bon intelligence des artistes légendaires, constitutifs de l’histoire du festival tels que l’immense Jeff Mills ou notre gabber hexagonal Manu Le Malin, avec d’insoupçonnables et très alléchantes collaborations : MÖD3RN (Electric Rescue, Dangles, Traumer), Joy Orbison & Barnt réunis pour un b2b, ou encore Karenn, fruit de la collaboration de Blawan & Pariah.

Au Manoir de Keroual, épicentre du festival, si la programmation se révèle plutôt abrasive, c’est qu’elle fera résonner Ben Frost et Mr G  laissant par la suite la place à une approche sensible du son de Floating Points, Veronica Vasicka ou sensorielle d’un DJ-set chillout préparé par The Herbaliser.

Si au Bunker Palace, le ton sera donné par Black Madonna ou MCDE, la suite se jouera à l’Astroclub pour un live du héros Surgeon qui jouera aux côtés des trop rares DR. Rubinstein et Anthony Parasole.

Ainsi, de nombreux lieux emblématiques de Brest deviendront les initiateurs d’usages temporaires, laissant le choix entre les propositions de plusieurs collectifs, des scènes-tremplin ou encore un vinyl market au centre d’art contemporain La Passerelle. Même les kids auront le droit à une programmation étudiée tout spécialement avec notamment Jacques qui jouera pour Astrofamily.

Le festival révèle aussi la ville par le biais d’une scénographie éco-designée, et pensée en fonction de chaque lieu. Ce souci du détail se trouve au coeur même de la démarche artistique de cette édition d’Astropolis, festival qui, à l’opposé de ceux livrés « clés en main», réactive une nouvelle fois la possibilité d’ouvrir aux artistes et au public une zone expérimentale temporaire.

Par Antoine Rouzet
Photo par Maxime Chermat

Aftermovie de l'édition 2016